Au détour d’une visite guidée des jardins

              « Chaque arbre a son histoire et chaque pierre son nom »

                                                                Lamartine

Au détour d’une visite guidée des jardins

Bienvenue dans les jardins de la Providence, en découvrant ce cadre raffiné de verdure et de fraicheur, vous traverserez 179 années d’existence.

Avant la révolution beaucoup de jeunes filles et garçons sans famille, souvent affamés, erraient dans les rues pour se retrouver entassés dans les prisons. Dès 1840, l’abbé Graffeuil et l’abbé Barrière, curés de Brive, installent deux demoiselles charitables dans un étroit local pour accueillir quelques jeunes filles pauvres de la ville, et les faire travailler.

Mais de jour en jour leur nombre augmente et très vite un orphelinat et un ouvroir se sont ouverts entre les rues Blaise Pascal et du Salan, rue du Dr Massénat et Bd du Salan. Cette première Maison, à côté du Musée Labenche, portant le nom de « La Providence » a été confiée à une congrégation religieuse et les sœurs s’y investiront pendant un siècle et demi, donnant avec tendresse et fermeté une éducation à ces jeunes filles, leur apprenant un métier pour qu’elles puissent devenir des femmes heureuses et autonomes (la mixité a existé à partir de 1976).

En 1865, la Directrice, Supérieure très active, rêvant pour les jeunes filles d’un vaste jardin, envisage, après 25 ans de présence, d’installer l’orphelinat ailleurs. Et c’est sur l’actuel emplacement du Bd Jules Ferry que la direction a acquis généreusement de Madame Catherine Caroline de Verlhac, veuve de M. le Marquis Jean de Corn, à l’aide de nombreux dons et quêtes, le terrain où a été construit, dans un cadre verdoyant et fleuri, le magnifique ensemble que vous pouvez aujourd’hui admirer.

Dès 1867, cette maison à l’action sociale bienfaisante est reconnue d’utilité publique par arrêté ministériel du 9 novembre.

Au cours de votre visite, vous passerez à droite entre une allée ombragée de tilleuls pour déboucher sur des espaces verts gazonnés et fleuris.

Pendant une centaine d’années, les religieuses n’avaient pas d’argent pour faire vivre les 60 jeunes filles. Leurs seules ressources provenaient du travail de broderie et de couture de leurs pensionnaires, des dons reçus et d’une vente de charité annuelle. A la place de l’emplacement gazonné actuel existait un jardin potager qui venait en aide à la cuisinière pour confectionner des repas consistants. Il se trouvait sur la partie droite. On y récoltait des légumes : salades, poireaux, carottes, etc.

Sur la partie gauche se trouvait un verger avec des arbres fruitiers : pommiers, pruniers, cerisiers, figuiers et en plein milieu un gros abricotier (les anciennes aiment se rappeler le souvenir de leurs petites gourmandises, souvent cachées derrière cet arbre elles savouraient les fruits avec joie).

A la place de la maison actuellement située au bout du parc existait une rangée de vigne, qui donnait quelques raisons mais très peu de vin. A droite à l’angle de la propriété, une ancienne grotte artificielle, copie de la grotte de Lourdes. Elle est vide mais pendant très longtemps a abrité les statues de la Vierge Marie des apparitions de Lourdes à Saint Bernadette. Au fonds du terrain, on distingue différentes couleurs de l’herbe, ce sont les traces de nappes d’eau souterraines et de marches recouvertes qui menaient vers un point d’eau maintenant comblé.

Au milieu à droite face au bâtiment se trouve un puits, bouché pour la sécurité des jeunes. Il est transformé en bac à fleurs. Devant ce puits, pendant la guerre, une bombe destinée à la sous-préfecture est tombée, faisant un énorme trou, sans dégâts importants à la maison. Des enfants se trouvaient dehors à ce moment-là, personne n’a été blessé. En reconnaissance, les sœurs ont fait installer au milieu de l’allée centrale actuelle une statue de la vierge protégeant dans les pans de son manteau deux enfants, statue aujourd’hui disparue en raison des intempéries.

Plus tard, vers 1971, l’établissement touchant le premier prix de journée (18.60 Francs par enfant et par jour), le terrain a été éclairci et réaménagé. Presque plus d’arbres fruitiers mais des sapins, des saules pleureurs et des fleurs.

En 1981 sort de terre la maison ressources, au fond de l’enclos à gauche, entourée de verdure et agrémentée d’allées de fleurs.

1991, un incendie endommage tout l’intérieur de l’établissement, une rénovation est faite, le préau disparait, c’est l’actuelle  configuration.

A droite de l’édifice, la chapelle, qui accueille les jeunes mais aussi les visiteurs lors de différentes manifestations culturelles.

En fin de visite, vous vous trouverez devant un lavoir ancien, construit par un bienfaiteur en 1875, dernier lavoir de la ville de Brive. Jusqu’en 1959 s’y lavaient encore les draps de la maison.

Face à l’entrée, vous distinguerez un « Œil » gravé dans la pierre. En dessous, une superbe glycine entourant la statue de la Vierge avec son enfant accueillant chaque jeune et chaque invité.

L’enclos a une superficie de 70 ares, entièrement clôturé. Cependant des travaux d’ouverture ont été réalisés, la grande porte pleine a disparu et été élargie, une seconde porte créée et les murs abaissés.

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